Voici la raison pour laquelle Samuel Eto’o donnait 3,25 millions de FCFA à Valséro par mois

Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a révélé au cours d’une interview sur les antennes de Canal 2 international qu’il a hébergé un rappeur à son domicile en Espagne pendant 2 ans, avec un salaire mensuel chiffré à quelques 5 000 euros soit 3 250 000 francs CFA, non sans regretté que ce dernier est devenu aujourd’hui l’un de ses détracteurs.

 « Il y a même un chanteur, ou rappeur de ne sait pas quoi, qui oublie qu’il a vécu chez moi pendant 2 ans, je lui donnais 5000€ le mois qui me critique aujourd’hui », a lâché le président de la Fecafoot.

Même si le footballeur à la retraite n’a pas ouvertement désigné quelqu’un, le rappeur Valsero s’est très vite reconnu dans cette sortie, et tenu à répondre par le biais d’une vidéo publiée sur la toile. « On parle d’une somme importante, 78 millions de FCFA, et le journaliste ne lui demande pas que tu donnais l’argent au gars-là, pourquoi ? Il y a une chose qui est importante : c’est que Valsero coûte cher. Eto’o vient de faire un acte de vérité qui permet de mettre certaines vérités sur la table. Il y a des gens qui n’ont pas de prix. La question que vous deviez poser à Samuel est pourquoi il a donné tout cet argent ? », s’est interrogé le Général Valsero.

Par ailleurs, l’artiste a déclaré que s’il révèle les raisons pour lesquelles Eto’o lui a remis cette somme d’argent, l’ancien footballeur irait en prison. « Tu me mets même dans une zone d’inconfort. Je trouve personnellement que tu as perdu le contrôle. Tu étais très énervé. Tu es parti à la télévision pour faire le bilan de tes 300 jours de la FECAFOOT et tout ce qu’on a retenu de ton passage : c’est que j’ai donné 5000€ le mois à Valsero. De toute ton interview, c’est ce qu’on a retenu. Et cela ne te dérange pas ? », a cherché à savoir Gaston Abé, de son vrai nom.

Les faits

En effet, Valsero sort son premier album « Politikement instable » en 2008, avec le tube « Lettre au président », qui s’adresse à Paul Biya en des termes quasi inimaginables. « Les jeunes en ont marre », scande le rappeur, qui poursuit : « Écoute ton peuple quand ton peuple dit « non »/ Ils font peut-être du bruit mais ils ont des raisons/ Prési, quelles sont tes intentions ?/ Prési, as-tu des solutions ?/ Parce que faut que ça change au bled/ Sinon bientôt mon pote, t’auras un autre rêve. »

L’effet est inattendu. Commence la répression en pleine émeute de la faim qui frappe les Camerounais en cette année-là. « Le général » est contraint de quitter le pays et « bénéficiera de l’aide de Samuel Eto’o pour s’installer en Europe », nous confie une source proche de l’artiste. C’est ainsi que le joueur du FC Barcelone à l’époque, prendra l’artiste politique sous son aile durant deux ans, tous frais payés, avec un salaire annuel conséquent, sans pour autant prendre la mesure du revers de la médaille.

Un style musical atypique

Son style, loin des clichés du rap actuel est vif, inspiré en fusion avec de nombreuses influences de l’Afrique au rap puriste coup de poing de Common ou Public Enemy, Général Valséro ne ressemble à personne. Tout est à analyser dans ses projets des lyrics aux arrangements, une façon de toucher un public et surtout de ne pas tomber dans les clichés véhiculés par certains rappeurs sans âmes.

Valsero en prison

26 Janvier 2019, Valsero, est écroué à la prison centrale de Yaoundé suite à une manifestation pacifique de l’opposition, sévèrement réprimandée par les autorités. Lors de cet épisode carcéral, il est soutenu dans son pays et au-delà des frontières par des artistes comme Tiken Jah Fakoly ou l’animateur Claudy Siar. Il est libéré en octobre de la même année et depuis il vit en Europe où il continue son combat politique et musical.

Valsero revendique une opposition ferme et déterminée face au président actuel de son pays, Paul Biya avec des titres brûlants comme « Zombie », « Lettre au président » et le récent « Le président est mort », un parti pris très fort et sans concessions.

Son discours suscite même la peur parmi ses collègues français dont certains ont refusé de collaborer avec lui au risque de se mettre à dos le Cameroun et son gouvernement.

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