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L’artiste camerounais qui transforma l’orchestre de la garde présidentielle en une école de musique a été intronisé Zomlo’o

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Selon le récit de la station régionale du Centre, le célèbre chanteur du groupe Zangalewa par ailleurs ancien militaire à la retraite, Zé Bella a été désigné par ses pairs, Zomlo’o (patriarche) de la communauté Mvele samedi 3 juillet 2021. La cérémonie d’intronisation a eu lieu au village Yaba dans le département de la Mefou et Afamba, région du Centre.

Ze Bella et Annie Anzouer

Jean Paul Ze Bella, l’artiste inspiré qui transforma l’orchestre de la garde présidentielle en une école de la musique, a été intronisé Zomlo’o de la communauté Mvele le samedi 3 juillet 2021 de par son œuvre titanesque dans le domaine musical.

A 69 ans, l’homme de culture est conscient de la tâche qui lui incombe d’autant plus que les populations attendent de lui qu’il soit « calme, qu’il apporte le vivre ensemble, qu’il apporte le développement… », a rapporté la Crtv centre.

Zangalewa

Sur un rythme cadencé qui rappelait les entraînements des militaires, le groupe de la garde présidentielle fait irruption sur la scène musicale camerounaise. C’était en 1986, sur une idée originale de Ze Bella et Dooh Kingué.

Les militaires entraient dans la danse et allaient chauffer les fêtes populaires. Des airs et des rythmes, des mots et, surtout, un sens de la satire et de la dérision d’eux-mêmes vont faire fusionner le groupe Zangalewa avec un public qui a envie de souffler, de rire. Comme si en voyant les ventres bedonnants, le collier grisonnant et le casque colonial des militaires se moquant d’eux-mêmes, il allait enfin pouvoir réprimer ses peurs.

Il fallait un groupe. C’était peut-être là les prémisses d’une mutation de la société camerounaise. Ce formidable accueil de la dérision, et ce désir des acteurs de se tourner eux-mêmes en dérision. Une manière d’inventer un langage, pour se détourner d’eux-mêmes et se jouer des pouvoirs politiques totalitaires.

Le succès du groupe, grâce à quelques titres, ne sera pas dans l’innovation musicale. Mais, plutôt dans la discipline toute militaire de la machine que mettront en place Ze Bella et Dooh Kingué. Ingénieux musicalement, sans être toujours imaginatifs, ils vont mettre en scène des jeunes chanteuses aux voix puissantes et les lancer.

Leur originalité jouer avec la représentation toute virile que l’on a de l’habit militaire en laissant s’exprimer de manière époustouflante la sensualité d’Annie Anzouer et son incroyable énergie. Zangalewa occupe la scène. Mais ne se maintiendra pas longtemps au sommet. Aléas de la vie d’artiste, mais surtout absence d’encadrement d’un groupe qui aurait pu servir de référence dans le fonctionnement musical. Car Zangalewa fut une école de la scène et de la discipline.

Un révélateur de talents

Ze Bella dans cette dynamique jouera un rôle moteur et principal. Artisan de la musique, amoureux de belles paroles mais suffisamment éthérées, Ze Bella est cependant un mélodiste astucieux. Mêlant subtilement les notes bikutsi aux pas cadencés du makossa, en laissant la voix dire ses rythms and blues. Comme s’il n’hésitait pas à prendre la vigueur de la guitare pop pour faire exploser la voix d’Annie Anzouer.

Cela a donné Maladie difficile à soigner. Mais, naturellement, il y aura eu Zangalewa avant. Lorsque l’on cherche ce que signifie le terme, on le retrouve sur un site web des cultures brésiliennes où il est indiqué que Le zangalewa est un type de musique africaine, militaire et mâtinée de bikutsi. En d’autres termes, pour les mélomanes du monde entier, Zangalewa, ce n’était pas qu’un groupe, mais une invention musicale, un projet esthétique. Aujourd’hui, il faut écouter avec cette oreille là l’opus de Ze Bella.


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