L’instrument de musique traditionnel Ekang, «Mvet Oyeng», en lice pour une inscription au patrimoine immatériel de l’humanité en 2022

Depuis le 22 novembre 2021, le ministère camerounais des Arts et de la Culture (Minac) travaille pour l’inscription du Mvet Oyeng, un instrument traditionnel de musique du peuple Ekang, sur la liste représentative du Patrimoine immatériel de l’humanité.

« Inscrire un élément du patrimoine local sur la liste représentative du Patrimoine immatériel de l’humanité est un privilège, un honneur, une occasion inouïe de faire rayonner l’art et la culture de notre pays à l’international », a expliqué le délégué régional du Minac pour le Centre, Flavienne Ambani.

En plus de la sensibilisation des acteurs, il s’agit surtout pour le Minac de présenter les enjeux et l’impact sur l’économie locale de ce projet aux fabricants et joueurs de cet instrument, mais aussi aux chefs traditionnels en leur qualité de gardiens des traditions.

La suite de la procédure prévoit le renseignement de la liste représentative du Patrimoine immatériel de l’humanité et une visite d’évaluation des experts de l’Unesco.

Origine du Mvet

L’origine du Mvett, comme celle du peuple Fang-Béti-Bulu qui pratique cet art oratoire, est assez mal connue. Les Fang-Béti-Bulu sont un groupe affilié par la langue et les pratiques cultuelles communes.

Les Fang vivent au Gabon, en Guinée équatoriale et une petite minorité au Congo-Brazzaville, alors qu’on retrouve les Beti et les Bulu au Cameroun. D’après les récits oraux, le Mvett serait apparu au cours de la migration des Fang-Béti-Bulu vers l’Afrique centrale.

À l’origine, il s’agit d’un récit de préservation et de transmission de la mémoire lignagère. C’est à la suite d’un évènement majeur, symbolisé par le coma d’Oyono Ada Ngone, que le Mvett vit naître la saga héroïque des Ekang, qui formeront un groupe de guerriers immortels habitant la cité d’Engong, dirigée par le grand guerrier Akoma Mba.

Les chants et les récits étaient déclamés à l’occasion des expéditions guerrières pour donner du courage aux combattants et pour instiller en eux un sentiment d’invincibilité avant et pendant les batailles.

Au-delà de son rapport à la guerre, l’art du Mvett englobe d’innombrables aspects de la culture Fang : la poésie, la philosophie, les connaissances scientifiques , la spiritualité, le rêve de transcendance ou de surhumanité, ce qui a fait dire à Philippe Ndong Ntoutoume, auteur de nombreux ouvrages sur le Mvett, qu’il s’agit d’un « art total ».

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